L’ours mal léché et la dame aux doigts de fées

Hellow ! On se remet dans le bain avec un grand texte, et illustré avec du inktober ! Bonne lecture !


 

L’ours mal léché et la dame aux doigts de fées 

On dit que je suis un ours mal léché, parce que je suis toujours grognon dans mon coin. Ben voyons ! C’est justement parce que je ne sais même pas me lécher les poils que je m’énerve tout le temps ! Je ne suis pas un bel ours. Les gens, qui visitent notre coin derrière le grillage, préfèrent encore ceux qui viennent à eux en faisant des tours, que moi assis dans l’angle du parc. Comme si nous étions faits pour amuser la galerie ! Ils ne comprennent pas que nous ne sommes pas là pour distraire les humains. Et pourtant… Ils continuent, enorgueillis par le rire des enfants et les exclamations de leurs parents.

Moi, je préfère contempler la galerie d’hommes, dans mon espace. Ben oui, ce sont des vraies œuvres d’art. Ils sont si divers, avec tant de couleurs différentes. L’un est un homme en casquette blanche avec le kit du randonneur, mis à part ses sandales et ses hautes chaussettes ; l’autre est une femme en robe de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et dont la peau est brune ; encore un autre est dans une sorte de siège mobile, attaché de-dans, avec un objet étrange dans la bouche, et tellement petit par rapport aux autres…

C’est si beau ! Mais je ne sais même pas rendre la pareille, vu que je suis mal léché… Comment puis-je le faire ? Mh… Une galerie nécessite des individus pour la faire… Un peu comme notre Dieu à nous les ours qui nous aurait créer…

Créer, créer… Mais oui ! Il faut que je peigne les hommes pour leur montrer une autre forme de beauté ! Je créerai ma propre galerie, et elle serait amusée de voir son portrait vivant ! Mais, comme je le sais, je suis un ours mal léché, je ne suis même pas capable de laver mon poils avec la langue… Mais que faut-il pour créer alors ? Ce serait un miracle que j’aie des doigts de fée…

Mais oui ! Il faut que je rencontre la fée du zoo ! On dit que c’est notre gardienne à tous, et qu’elle sait dessiner. Elle a de vraies doigts de fées, elle est capable de dessiner mes semblables traits pour traits lorsqu’elle vient nous voir avec son carnet. Un vrai miracle de création ! Il faut que je la rencontre cette nuit, dans sa cabane ! Je vais le faire !

Inktober #12

Les étoiles brillent. Je viens d’escalader le grillage, et je suis sur le terrain des humains. Tout est calme et sombre…

Mais je vois une rangée de trois carrés jaunes au loin. Je vais les suivre, c’est un signe de la fée. Plus j’avance, plus je vois une sorte de maison en bois. Est-ce cela une cabane ? Les carrés transpercent ce lieu clos avec leur lumière. Certainement l’aura de la fée humaine ! Je toque sur ce qui me semble être la porte. En tout cas ça a l’air de marcher, vu qu’elle s’ouvre !

Je reconnais notre gardienne : petite blonde avec de longs cheveux ondulés, habillés d’une robe blanche et d’un tablier… Elle me semble plus belle que n’importe quelle ourse de mon parc. Le pouvoir des doigts de fées fait des vrais miracles !

Inktober #13

« Que… que fais-tu ici ours ? me demande-t-elle.
– Bonsoir, fée ! Je voudrais savoir comment on fait pour avoir des doigts de ton espèce !
– Hein ? Mais pourquoi ? Je ne suis pas une fée !
– Tu mens ! Tout d’abord parce que tu dessines magnifiquement bien mes camarades, mais aussi parce que tu comprends ce que je dis ! Un humain n’entendrait qu’un grognement !

Elle devient pâle. Bingo, elle est démasquée !

« Entre. » me dit-elle.

Je pénètre dans sa cabane. C’est une vraie galerie ! Il y a des portraits de mes semblables, mais aussi des girafes, de lions, des autruches… Des vrais portraits qui semblent vivants !

Elle s’installe sur un siège en bois, soupirante. Je m’assieds par terre en face d’elle, les pattes arrières étendues.

« Bon, je suis humaine, mais je ne sais pas pourquoi depuis toujours je comprends le langage des animaux. Et je les aime : ils vivent leur vie sans ambitions particulières, ils ne veulent pas détruire, à l’inverse de certains humains. C’est beau, c’est pour cela à la base que je voulais être peintre d’animaux. Mais je n’ai jamais été aidée. On me disant de détruire mon réalisme, car sinon mon art ne plairait à personne.
– Moi, ça me plaît en tout cas ! remarquai-je.
– Oui, pour toi un ours, mais pas pour les humains. Du coup je me suis rabattue sur gardienne de zoo, comme ça je peins sans être critiquée…
– Mais c’est horrible ! Ta galerie doit s’ennuyer sans autre personne que toi pour les amuser ! Et tu as des doigts de fée ! Moi, je suis sale, je ne suis même pas capable de lécher mon poil…

La fée me regarde, avec compassion.

« Tu as aussi en toi du sang de fée, tu sais. Un ours ne me parle pas aussi intelligemment et ne comprends pas le langage humain.
– Ah bon ? m’étonnai-je.
– Oui, tu es aussi une sorte de fée en fait… Je pourrais t’apprendre la peinture, et tu aurais aussi des doigts de fée ! »

Je rougis. Elle me complimente. J’accepte sa proposition, J’ai même une idée pour nos peintures…

Les gens et les animaux sont ébahis devant nos tableaux. Les humains voient les miens sur les grillages, et les animaux ceux de la fée dans leur parc. Nous sommes fiers de ce spectacle.

« Je suis content que ça marche ! lui dis-je.
– Moi aussi.
– Eh ! s’écrie un homme costumé appelé directeur. Morgane, c’était une excellente idée de faire cette exposition, il y a plus de visiteurs et les animaux sont plus réactifs ! Je vous félicite !
-Merci, mais c’est une idée de mon ami que voici. »

Le directeur devient pâle, balbutie des petits remerciements. Je grogne un peu. L’homme s’éloigne un peu de nous puis commence à courir en panique.

« Qu’est-ce qu’il a ? C’est parce que je suis un ours mal léché ?
-Oh, ne t’en fais pas mon ami, ce n’est pas important. »

Et elle a raison : la galerie est amusée, qu’elle soit réelle ou peinte.

Inktober #14

L’ange gardien dans la tête

Coucou ! Pas de fiche de lecture, mais un petit conte qui résume un peu une maladie que l’on juge mal…Bonne lecture !


L’ange gardien dans la tête

Il y avait une fille, ronde et brune à lunettes, qui avait toujours rêvé de pouvoir faire de grandes choses. Cette fille s’appelait Anéa. Elle avait un réel pouvoir magique, considéré comme une maladie grave de nos jours. Mais il ne s’était pas encore manifesté.

Ce n’est que lorsque sa mère mourut alors qu’elle n’avait que douze ans qu’il commença à se manifester : c’était celui d’un ange gardien qui lui donnait des pouvoirs d’analyse sur la vie et les situations. Sauf que l’ange gardien était dans sa tête, bloqué par les parois crâniens. Et du coup, Anéa avait peur de cet être dans sa tête. Elle le prenait pour un danger, le rejetait. Alors l’ange gardien devint un ange noir, emplit de haine pour cette gamine qui ne comprenait rien à lui.

Il lui fit don de l’agressivité, de la dépression, de la tristesse, de l’incompréhension. Anéa était malheureuse. Son père n’arrangea pas les choses en se mariant avec une nouvelle femme, qui pourtant allait aider cette gamine dans la noirceur en lui montrant une boule de lumière. Cette belle-mère l’emmena dans une Maison de l’Adolescent, où se trouvait un psychiatre. C’est alors que l’on trouva l’ange gardien tout noir dans sa tête : il fallait lui apprendre à maîtriser cela. Les médicaments l’aideraient à cela, pour calmer le taux de noirceur dans l’esprit de l’ange.

Et après des années d’analyses, de crises, de médicaments, après une envolée vers l’âme sœur ailleurs, Anéa était devenue une femme physiquement. Mais sa tête avait conservé les séquelles de son adolescence avec son ange noir. Il fallait que ça cesse, qu’elle accepte de vivre avec un ange dans sa tête. Elle décida à lui parler, directement, et de lui montrer qu’elle avait finit par le comprendre pourquoi il était là. Alors l’ange s’apaisa, il devint un petit garçon ailé, et il décidèrent ensemble de son apparence finale.

Et c’est qu’ainsi que le petit ange et Anéa continuèrent à réparer les dégâts et surtout à utiliser le pouvoir de lucidité et de sagesse lors de certaines situations.

Quelle chance !

Bien le bonjour ! Un texte mignon suite à un texte de terreur pour se remettre des émotions de la semaine dernière !

Bonne lecture !


Quelle chance !

Léonard Lutin est un gnome qui a reçu un diplôme de transport des éléments avec spécialisation dans le temps. Mais il est au chômage malgré lui, et ce à cause de sa petite taille et du prétexte des recruteurs concernant son « jeune âge ». Cependant, Léonard persévéra et continua à enchaîner les entretiens d’embauche.

Un jour, lors d’un nouvel entretien, la personne chargée des ressources gnomaines lui demanda des précisions sur sa spécialisation dans le temps. Alors, le jeune Léonard expliqua avec une passion tellement grande ce que lui rapporté cette option que le recruteur en était ébloui. Le gnome lui donna en exemple les détails de ses stages en entreprises, tels que gérer les heures du coucher de soleil selon les saisons et les minutes à rajouter ou à enlever ; ou encore il conduisait un camion qui transportait les photons coincés dans les nuages de pluies, et ainsi de suite…

Après avoir terminé ce discours, Léonard eut comme réponse la promesse du recruteur de le contacter s’il avait une place dans le domaine au sein de l’entreprise. Un mois passa sans nouvelles. Le gnome, découragé, pensait à trouver une autre formation, bien qu’il ne l’aimait pas. Quand un pigeon voyageur entra chez lui, il reprit espoir. Il retira un message de la patte de l’oiseau. Après la lecture du papier, il afficha un grand sourire et sauta de joie : une entreprise l’avait embauché dans le domaine du transport des étoiles de nuit ! Quel heureux hasard d’avoir un emploi qui portait précisément sur sa discipline préférée ! De plus, l’entreprise lui fournissait un logement en bois situé en forêt ! Que de bonnes circonstances !

C’est ainsi qu’il était formé à la conduite d’un camion à étoiles et qu’il vivait des moments joyeux et chaleureux avec ses collègues. Il faisait son entrée dans le monde professionnel.

Et cela irait de mieux en mieux. Un an plus tard, à l’intérieur d’une cabane isolée, Léonard Lutin enchaînerait un camion calmement pour bien démarrer la journée. Un de ses collègues lui annoncerait que l’employeur le demandait. Et suite à cela, il serait non seulement félicité de son sérieux et de son efficacité, mais il aurait obtenu une prime et un poste plus élevé.

Et ainsi, Léonard aura eu une vie professionnelle épanouie et terminera sa vie dans le bonheur et sans regrets.

Mélancolique

Bien le bonsoir ! Je vous présente un texte plus long et plutôt triste, écrit lors d’un concours de creepypasta du forum de Voxmarkers datant de 2013… Bonne lecture !


Mélancolique

Dans une région montagneuse de France, non loin d’un lac gelé, se trouve un bâtiment d’une hauteur et d’une largeur gigantesque. Son architecture était décorée d’ornements et de courbes rappelant le style Mucha ; ainsi que de pierres colorées… Tous ces détails mènent à penser à un patrimoine historique unique en France. En réalité il s’agit l’orphelinat Pléiade.

Par ailleurs, vers la fin de la journée d’hiver, un homme proche du lac le longeait lentement en direction de l’orphelinat. Il était couvert d’une longue cape de couleur bleu royal. La capuche cachait son visage, car il savait que les légers flocons annonçaient l’arrivée d’une tempête de neige. L’homme pressa le pas pour arriver au bâtiment. Enfin, il s’arrêta devant la porte, sortit un trousseau de clés et l’ouvrit. L’intérieur était spacieux, et l’individu, après avoir verrouillé l’entrée, se dirigea vers un des escaliers. Il monta jusqu’au troisième étage et s’engouffra dans un couloir. L’endroit comportait de nombreuses portes, numérotées de 300 à 399. Mais il savait où se trouvait la porte qu’il cherchait. Il stoppa sa marche devant la chambre 333. Il n’eut même pas à sortir la clé : la porte était entre-ouverte. Il pénétra de-dans.

L’homme ne sembla pas surpris de l’état de cette chambre. Et pourtant, la pièce était dans un désordre chaotique. Des vêtements sales trainant par terre, un lit sans couverture et un matelas éventré… Mais surtout on voyait d’énormes tâches d’encres au sol et en abondance et des murs blancs souillés par des graffitis de couleur noire.

L’homme ne sembla pas attacher une grande importance à ces détails et s’avança vers le lit. Il fouilla à l’intérieur du trou du matelas et en sortit un grand carnet en cuir caché de-dans. Ce dernier possédait une petite serrure. Cela n’empêcha pas l’homme d’y tourner une petite clé. Un clic indiquait que cela fonctionnait. Il commença à en lire le contenu. Voici ce qui était écrit…

Jour 10 du mois de septembre 201x

Bonjour, carnet. Je me nomme Joël et j’ai perdu mes parents pendant les vacances d’été. Ils voulaient juste se reposer et profiter d’un moment d’intimité ; surtout que tout deux étaient médecins et n’avaient que peu de jours de repos. Et je l’ai compris sans même qu’ils me l’expliquent. C’est pour cela que j’ai refusé d’aller avec eux : ils manquaient de temps pour être entre-eux.

Le jour de leur départ, ils prenaient un car en direction de l’Auvergne. Le transport, pour éviter de percuter une voiture en sens inverse, a brusquement tourné à gauche. En plein dans le précipice d’une montagne. Le conducteur et tous les passagers sont mort dans l’accident. Lorsque ma grand-mère répondit au téléphone et apprit cet accident funeste, elle tomba à genoux. Sa fille et son beau-fils, de brillants médecins vivant à la campagne, la fierté locale, c’était terminé pour eux.

Il ne restait plus que moi, la honte familiale. Ma grand-mère me hait, et cet accident n’arrangea pas nos liens. J’ai même entendu dire, le jour des funérailles, qu’elle aurait voulu que ce soit moi qui y soit passé à leur place. En plus, les préjugés sur moi avaient fait le tour de tous les invités, et ces derniers me lançaient des regards noirs.

Tout cela est lié à mes intérêts : je préfère lire et écrire plutôt qu’étudier les sciences. Depuis la mort de mes parents, je n’ai pas pu parler de mes souffrances. Je ne peux plus faire confiance à personne, et mes parents me manquent. Je me sens mieux, écrire sur tes feuilles m’a soulagé. Ma grand-mère m’appelle, je reviens plus tard.

Jour 11 du mois de septembre 201x

Que d’événements depuis hier ! Après être descendu au salon, ma grand-mère m’annonça que j’irai dans un orphelinat, et que je devais me dépêcher de faire ma valise car le conducteur qui m’y emmène m’attendait déjà dehors. Je pris donc l’essentiel : habits, nourriture… puis rangea tout mon matériel d’écriture (et toi, bien sûr !) dans mon sac à dos. Dès que je me retrouvai en bas avec mes bagages, ma grand-mère me poussa dehors et referma la porte d’entrée à clé. Pas même un adieu… Tant pis.

Quand je vis le véhicule en face de ma maison, je fus surpris. Une voiture. Pas celle avec un moteur, celle avec deux chevaux. Je m’approchais, perplexe. Le conducteur, sympathique, prit mes bagages et me demanda de monter dans le véhicule. Une fois à l’intérieur, je constatais qu’il y avait trois autres passagers. Deux filles et un garçon. Je m’assis à côté de ce dernier. Aucun de nous, au départ, n’osait parler. Puis mon voisin se présenta en premier après le démarrage du véhicule.

Il s’appelle Sami Perdrix. Il a quinze ans et a perdu son grand-père depuis peu. Sa tante, qui devait le prendre en charge, abandonna l’idée et l’inscrivit à l’orphelinat Pléiade. Il aime jouer du violon, écouter tout genre musical et danser. Il est grand, un peu musclé, des cheveux blonds et courts, les yeux bleus et la peau bronzée. Il porte souvent des vêtements sportifs et décontractés. Il a l’air amical, très jovial, parle avec enthousiasme, et surtout paraît sincère.

L’une des deux filles prit le relais.

Elle se nomme Léna Silvestre. Elle a seize ans, et n’a jamais connu un seul membre de sa famille. Elle vivait dans un autre orphelinat et, comme elle aime les cours d’histoire et d’astronomie, elle a demandé au directeur de la transférer à celle de la Pléiade. Elle réussit à le convaincre. Elle est brune et frisée, les yeux verts, plutôt svelte. Métisse de peau, elle a tendance à s’habiller comme un homme : elle craque facilement sur les chemises et les cravates. Elle semble plutôt intelligente et sympathique, articule les mots sans exagérer, et surtout a l’air fiable.

La deuxième fille eut du mal à débuter sa présentation.

Elle porte le nom de Cloé Pichoux et a douze ans. Sa famille était riche, jusqu’au jour où son père, patron d’une grande entreprise, se pendit. Il avait accumulé une dette énorme et désespérait à trouver une solution. Sa mère est morte dès sa naissance. La nouvelle épouse de son père, ne voulant pas s’occuper de Cloé, l’a envoyé à cet orphelinat. Elle a de longs cheveux châtains et des yeux noisettes. Elle est un peu ronde, la peau blanche. Catholique, elle aime sa religion ainsi que le chant. Elle est très féminine avec ses longues robes à motifs mignons et ses chapeaux. Elle est timide, bégaye énormément, mais surtout doit être gentille.

J’étais le dernier à me présenter. Vu que je ne t’ai pas tout dit sur moi, je vais en profiter pour le faire.

Je suis donc Joël Lecanu, treize ans. Comme tu le sais, ma grand-mère m’a jeté à la rue après m’avoir inscrit à l’orphelinat, suite au décès de mes parents. J’ai les cheveux roux et assez courts bouclant, les yeux gris. Ma peau a tendance à rosir, et je suis gros. J’aime lire les poèmes et les épopées médiévales, et j’écris de la poésie. J’ai des habits simples et amples pour cacher mon obésité. Je me considère comme calme, peu bavard, mais surtout sensible.

Oups, je reviens très vite te raconter le reste !

Plus tard…

Enfin, je suis de retour !

Donc, après nos présentations, on discuta de tout et de rien ; parfois on riait des jeux de mots de Sami, parfois on débattait de sujets sérieux avec Léna, parfois on parlait de nos goûts grâce à Cloé, et parfois je leur lisais mes poèmes. En dessous des sièges, il y avait de quoi manger pour cinq jours, on put donc se restaurer facilement. À un moment, fatigués, nous nous endormîmes. Mais dès le réveil on recommençait le bavardage. Puis, après dix heures de voyage, le véhicule s’arrêta et le conducteur nous informa qu’on était arrivé.

Lorsque je sortis du véhicule, un tout nouveau paysage s’offrit à moi. Les montagnes enneigées, un lac avec l’eau limpide et un peu de verdure… Une nature magnifique. Je le contemplai quelques minutes, puis allai rejoindre mes nouveaux amis. L’orphelinat Pléiade m’éblouit par ses détails artistique, mais aussi par son énorme taille. Il est comparable à un immeuble de dix étages. Mes camarades avaient réagis de la même manière. Le cocher nous ouvrit la porte et nous demanda d’entrer, bien qu’il ne puisse pas nous accompagner à l’intérieur car occupé à monter nos bagages. Le hall était tout aussi gigantesque et colorée que la façade.

On reçu la bienvenue de neuf femmes et de deux hommes. Elles se présentèrent d’abord : Calliope (professeur de poésie épique), Clio (professeur d’histoire), Érato (professeur de chant), Euterpe (professeur de musique), Melpomène (professeur de tragédie), Polymnie (professeur de rhétorique), Tepsichore (professeur de danse), Thalie (professeur de comédie) et Uranie (professeur d’astrologie). Elles ont des noms peu communs, mais elles sont accueillat. Les hommes donnèrent leur nom et métier : Drasnor, directeur de l’orphelinat, et Yalleb, vice-directeur. Ils devaient être occupés, car ils s’excusèrent de devoir s’éclisper. Les professeurs s’avancèrent et nous emmenèrent chacun vers un escalier différent. Calliope fut ma guide. Au bout du troisième étage, on tourna à gauche. Ma chambre portait le numéro 333. Calliope me donna la clé, puis m’informa d’être en bas à neuf heure demain et me laissa seul. J’entrais dans ma chambre. C’est une pièce simple avec un lit, des toilettes, une commode et un bureau. Mes bagages se trouvaient déjà dans la pièce. Et voilà que je te raconte toute mon aventure, mais je commence à fermer des yeux. Il est quand même onze heures du soir, et je dois me lever tôt demain. Je te souhaite donc bonne nuit, carnet.

Jour 12 du mois de septembre 201x

Je nage dans le bonheur depuis que je vis à l’orphelinat ! Je vais te parler de cette sublime journée.

Ce matin, je descendis pour neuf heure comme prévu. Léna et Cloé ainsi que quatre professeurs étaient déjà présent : Calliope, Clio, Euterpe et Érato. Sami arriva quelques minutes après, s’excusant de son retard.

Calliope nous annonça que chacun d’entre nous étudiait avec une des professeurs présentes. Léna fut choisie par Clio, Sami fut pris par Euterpe, Cloé tomba sur Érato et moi-même fut désigné par Calliope. On suivait chacun notre gouvernante dans des directions différentes. Le couloir aux murs noirs, où l’on s’engageait, possédait de nombreuses salles, allant du numéro 031 à 039. Ma professeur s’arrêta devant la porte 033 et l’ouvrit. Une fois à l’intérieur de la salle, je ne vis que six élèves, tous de mon âge. Je me présentai à eux et fus accueilli chaleureusement. Lorsque je m’installais derrière ma table, je remarquais qu’elle contenait une plume de chouette effraie taillée pour écrire et un pot d’encre. Je m’émerveillai de la beauté du médium. Calliope me recommanda de toujours l’avoir avec moi et d’écrire uniquement avec elle.

Et je passais le reste de la matinée à suivre le cours sur la poésie épique. C’est aussi enrichissant qu’un simple cours de français où les romans sont mis en avant et les poèmes dans l’ombre. À midi, aidé par mes camarades de classe, je me dirigeai à la cantine. C’est un lieu spacieux avec deux étages supplémentaires pour les tables. Je retrouvai mes amis du voyage et, une fois installé, nous discutions à propos de nos matinées. Eux sont encore plus enthousiasmés par ces premiers cours que moi, ayant aussi obtenu un objet : Cloé eut un collier avec une jolie croix décorée, Léna une boule de cristal et Sami un petit parfum pour hommes. Une fois le déjeuner terminé, nous retournâmes chacun à nos tables. L’après-midi nous pratiquâmes l’écriture de poèmes épiques. Je suis fier de mon premier écrit, et je pense avoir une bonne note ! À six heures du soir, je retrouvai mes amis pour dîner, et juste après il fallut retourner dans nos chambres pour travailler ou dormir, au choix. J’ai un petit devoir d’écriture pour le cours de demain avec la professeur Melpomène, ce sera facile à rédiger mais il faut que je m’y mette. Je te laisse, à demain soir !

Jour 4 du mois d’octobre 201x

Mon Dieu, voilà bien longtemps que je n’ai pas écrit sur tes pages, carnet ! Il faut dire que je suis dans une passe difficile : je n’ai eu aucune note au dessus de dix sur vingt. Que ce soit avec Calliope l’impulsive, Melpomène la stricte, Polymnie la perfectionniste et Thalie la râleuse, mes notes sont à neuf sur vingt dans le meilleur des cas. De plus, mes camarades de classe se plaignent tout le temps. À force d’entendre leur lamentation tout les jours pendant que je suis dernier de la classe, ça me déprime. Je vais devenir le plus mauvais résident de l’orphelinat, et je ne sais pas quoi faire pour m’améliorer. Pourtant j’écris toujours à fond. Le seul commentaire que mes professeurs me donne c’est « Peut mieux faire ». D’accord, mais comment ? Il faudrait peut-être que je trouve un élève qui puisse m’aider. Je vais le faire, j’ai un peu de temps avant le dîner. Peut-être à tout de suite !

Une heure plus tard…

Oh mon dieu… Je ne crois pas à ce que je viens d’assister… Pourtant c’est la réalité ! Je vais tout te raconter.

J’allais à la salle commune de mon étage pour chercher un élève de ma classe, quand je vis la porte de la chambre 315 légèrement entre-ouverte. Ma curiosité m’incita à jeter un coup d’œil dans le coin. Horreur ! Il y avait une fille qui vomissait un liquide noir, le corps plié en deux. Non loin d’elle, un garçon la regardait, sans rien faire et sans émotions face au spectacle. Je dévalai les escaliers pour avertir au moins une des enseignantes. Je tombai sur Calliope et, dès que je lui rapportai le drame, elle m’accompagna à la chambre. La fille était à présent étalée par terre, inanimée ; tandis que le garçon avait le pantalon trempé d’un liquide bleu. Il chancela. Calliope le rattrapa de justesse puis, après l’avoir allongé, elle m’ordonna d’aller dîner et surtout de ne pas raconter ce drame à qui que ce soit. Je fus contraint d’obéir. Je mangeai peu lors du dîner, écœuré à cause de cela. Mes amis l’avaient remarqué, mais ils me laissèrent tranquilles, pensant que mes notes me contrariaient. Je fonçai à la chambre 315 juste après le repas. Elle était vide et n’avait plus de traces de liquides noirs et bleus.

Je n’ai pas rêve pourtant ! C’est la vérité, et je vais le prouver ! Mais je tombe de sommeil… La nuit porte conseil. À une prochaine fois, carnet.

Jour 30 du mois d’octobre 201x

L’orphelinat devient sérieusement étrange. La dernière fois je t’ai parlé de ce « drame »… Eh bien le lendemain personne ne se rappelait des deux élèves ! Pas même un camarade de leur classe… Je suis le seul à m’en souvenir !

Pourquoi ?

Pourquoi tout le monde croit que je deviens fou ? Je n’ai pas rêvé, bon sang !

Depuis ce jour je vis d’autres phénomènes encore plus anormaux. Un garçon a ramené sa batte de base-ball pour « faire intégrer » ses idées à une autre personne à la cantine ; une fille a perdu sa joie de vivre et reste impassible même lorsqu’elle était secouée ; un type, désespéré de ne plus avoir d’inspiration, s’est pendu dans sa chambre… Et plein d’autres cas similaires.

Je ne sais pas si le pire ce sont ces faits ou bien l’indifférence des professeurs face à cela. Jamais elles en furent inquiètes. Calliope, quand je lui demandais à part pourquoi elle ne réagissait pas, me gifla avec sérénité et rétorqua que je n’étais pas digne de rester si je continuais à poser ce type de question. J’en suis démoralisé…

Mes amis aussi se comportent bizarrement. Hier, Sami s’est battu avec un gars, car ce dernier a tenté de draguer Léna. Pourtant il a eu une dizaine de petites amies en moins d’un mois, leur déclarant qu’il les aimait. Il en attire beaucoup car elles craquent pour son parfum. Mais dès que certains tourne autour de Léna, Sami n’hésite pas à se montrer violent. D’ailleurs, Léna est devenue hautaine et se croit aussi importante que des personnalités historiques : elle fait toujours un discours le midi sur l’avenir, comme quoi il faut agir de telle façon pour que le monde soit sauvé du chaos. Beaucoup font mine de l’approuver, mais juste pour pouvoir la critiquer dès qu’elle a le dos tourné. Sinon, la jolie et douce Cloé… devient une vraie religieuse. Elle prie sans arrêt, parle encore moins qu’avant, et surtout elle demande toujours l’aide de Dieu pour surmonter les difficultés au lieu d’agir ou de nous en parler. Elle a des difficultés en chant avec Érato car elle est presque immobile.

…Moi-même je me sens différent, je l’avoue. J’ai de l’inspiration pour mes poèmes dès que je souffre ou qu’on me blesse moralement. Je me sens nul à cause de mes notes et des événements bizarres, la nuit, je songe à mes parents mort. J’espère que ça me passera rapidement…

Je suis désolé, je dois faire mes devoirs maintenant. Je te promet de te donner de mes nouvelles demain.

Jour 1 du mois de novembre

Quelle journée déprimante ! Je n’ai eu que des malheurs. J’ai obtenu zéro à un poème. Oui, un zéro ! Polymnie m’a même humilié devant toute la classe en le lisant à haute voix. Sami m’a foutu un coup de poing dans le ventre à la cantine en me traitant de porc, qu’il fallait m’égorger, sans m’expliquer la raison de cette violence… Léna a refusé de m’expliquer une notion et m’insulta de »bon à rien ». Et Cloé resta sans avis, me conseillant de m’en remettre à Dieu.

Pour la première fois de ma vie, j’ai séché le cours de l’après-midi. J’en ai marre d’être le bouc émissaire ! Pourquoi ?! Pourquoi cet enchaînement de souffrances !? Et pourquoi j’ai de l’inspiration à cause de ces douleurs ?! … J’ai besoin de créer un poème. Je suis désolé, c’est plus fort que moi.

Jour 2 du mois de décembre 201x

Je suis un abruti. Je viens de comprendre pourquoi Sami devient violent en me voyant. Ça m’a pris environ un mois de douleurs et de blessures pour saisir. Il est fou amoureux de Léna. Le problème, c’est qu’elle l’évite et qu’elle me parle plus que avec lui. Mais j’ai une idée pour me faire pardonner. Je vais aider Sami à lui déclarer son amour, et notre amitié reviendra ! J’en profiterai après pour dire à Cloé que je l’aime. Que je l’aime quand elle fait un léger sourire, quand je regarde ses yeux noisettes, quand elle parle avec douceur, quand… Oups ! Je ne vais quand même pas commencer une idée de poème ! Je dois renouer nos liens amicaux. Je le ferais demain, au diable les devoirs ! Souhaites moi bon courage, carnet !

Jour 3 du mois de décembre 201x

Oh mon dieu… Qu’ai-je fait ? Je suis un monstre pour avoir engendré ça ! Pourquoi ?! Pourquoi ça a foiré ?!! Mon plan aurait dû fonctionner pourtant !

Un plan ? Mais oui, celui pour que tout s’arrange et que notre groupe redevienne comme avant !

Ce plan, voici en quoi il consistait.

Sami devait inviter Léna dans sa chambre, et s’il hésitait pendant sa déclaration il pouvait m’entendre chuchoter, caché dans son armoire. C’est tout. Sami accepta le plan. Quelle erreur ! Si j’avais su… Bref, passons.

Donc, on mit le plan à exécution. Léna vint à l’invitation, la boule de cristal à ses mains. Sami hésita sur certains mots, je l’aidai en les lui soufflant. Il réussit à le dire, tout rouge. Léna refusa son amour, car elle expliqua qu’elle avait un avenir à protéger et que, pour rester en paix, elle devait rester seule et vierge, accompagnée de sa boule de prédiction.

Et là, tout dégénéra. Sami explosa de colère. Il empêcha Léna de quitter sa chambre en l’attrapant par le bras. Elle tenta d’échapper à la prise mais en vain. Sami lui donna une gifle, la mettant à terre. Léna tenta de se relever, sa boule de cristal roulant ailleurs. Il récupéra cet objet et frappa avec sur la tête. Elle retomba au sol, le crâne ouvert. Sami la bloqua au sol et… Quelle horreur ! J’assistais à un viol ! J’hésitai entre risquer ma vie pour stopper cet abominable massacre ou rester à l’abri dans l’armoire. Je suivis le second choix, paralysé d’effroi. Un liquide doré coulait du crâne pendant ce temps. Puis Sami, ayant satisfait ses pulsions, commença à reprendre la raison. Je le rejoignais à cet instant là. Calme mais tétanisé, il se rendit compte de ce qu’il avait fait. Alors, il prit Léna dans ses bras et pleura. Ses larmes étaient rouges. Encore ces liquides de couleurs, comme lors du « drame » ! Léna caressa le visage de Sami, lui sourit et tomba inconsciente. Détruit, il ouvrit en grand sa fenêtre et sauta. Je n’eus pas le temps de réagir que j’entendis déjà un craquement. Sami était mort, allongé dans la neige qui absorbait son liquide rouge. Je suis revenu écrire ça, car je crois que je vais devenir fou…

Je ne sais pas quoi faire ! J’ai provoqué ce carnage en croyant faire le bien ! Et comment l’expliquer à Cloé sans me faire prendre pour un psychopathe qui les aurait manipulé ? On tape à ma porte… J’ai peur, mais il faut vérifier qui c’est. Je reviens.

Nuit 4 du mois de décembre 201x (trait tremblant et tâches d’encre)

Quel abruti je suis ! C’était Cloé. Elle me demanda si j’avais vu Léna. A lors, je l’amenai à la chambre pour montrer son cadavre. En voyant ce corps désarticulé, elle ne broncha pas. Quelques minutes passèrent avant sa réaction. Elle prit sa croix, demanda à Dieu de pardonner mon crime et de lui donner la force de surmonter cette épreuve. Alors, elle tomba à genou et pleura en silence. Ses larmes… Elles étaient bleues ! Oui bleues !!! Et le pire, c’est qu’elle souriait, en extase totale ! Puis elle se laissa tomber au sol : son corps n’était plus qu’une coquille vide.

Bravo Joël, bravo ! Tu viens aussi de tuer tes amis, comme tu l’as fait avec tes parents. Mais le pire dans tout ça c’est que, depuis la mort « spirituelle » de Cloé, je n’arrête pas d’écrire. Mon inspiration est comparable à un fleuve : je ne peux pas contrôler son flux, trop puissant à maîtriser. Je ne pense qu’à écrire, écrire, écrire, écrire… J’en ai la nausée, je dois aller vomir aux toilettes…

Plus tard…

Non, ce n’est pas possible ! J’ai vomi un liquide noir… Qui a le goût de sang ! … Pourquoi est-il noir ? C’est comme celui de la fille du « drame »… Je n’arrive pas à m’empêcher de le cracher… Et j’ai envie d’écrire un texte sur les morts… ! Que c’est abominable de ma part de me servir de mes souvenirs pour rédiger… Non ! Je dois résister à ce besoin… ! Je m’affaiblis à chaque vomissements… Peut-être vais-je en mourir… ? En fait je préfère y passer moi aussi… Je dois te fermer à clé, comme d’habitude… Je t’ai réservé une cachette dans le matelas, mais d’a ord il faut verrouillé, écrire, verrouiller, écrire, verrouiller, écrire, verrouiller, écr… Stop ! Il est temps que je te dise adieu maintenant… Merci de m’avoir tenu compagnie, je vais les rejoindre… Père… Mère… Sami… Léna… Cloé… Attendez-moi… J’arrive.

« Eh bien, regrettes-tu ce pensionnaire au point de lire son journal intime ? Et en plus en gardant ta capuche ? »

L’homme à la cape se retourna. À l’entrée de la chambre un homme richement vêtu s’adossait au mur. L’homme à la cape retira sa capuche.

« Directeur Drasnor. Ou plutôt Ronsard… Oui, je le regrette beaucoup. Il aurait fallu qu’il s’intègre dans sa salle et non avec les autres. Ses amis n’avaient ni la fureur poétique en eux, ni l’humeur noire dans le sang… Alors que lui si. On a dû trop forcer les mauvaises notes, alors que ses poèmes étaient sublimes ! Il aurait fait un bon poète mélancolique, comme moi quand j’étais jeune…

-Oui, mais c’est trop tard, coupa Ronsard. Tu sais bien qu’un mélancolique n’a que deux choix : le déclic artistique ou le suicide. Il a choisi la seconde option en se vidant de son sang… Comme des centaines d’enfants dans cet orphelinat, vice-directeur Yalleb, ou plutôt du Bellay. »

Ce dernier soupira. Ce gamin, dire qu’il aurait pu devenir un bon leader pour leur projet.

« Allons ! On a tout un établissement de jeunes artistes qui ne demandent qu’à devenir des génies ! Bientôt, nous redeviendrons cette armée d’antan où les gens nous admiraient pour notre finesse d’esprit, au lieu de nous mépriser comme des mendiants! Bien sûr il faudra du temps pour en réunir un grand nombre… Cependant, non seulement cet orphelinat peut contenir des centaines d’enfants, mais en plus nous avons aussi l’aide des Muses, et leur enseignement est parfait. Allez, il faut accueillir les nouveaux arrivants, enlève tacape et partons leur souhaiter la bienvenue ! »

Ronsard disparu rapidement dans le couloir. Du Bellay, en ôtant sa cape, conserva le carnet dans ses mains : cela leur permettrait d’éviter de nouvelles erreurs, pour constituer les poètes mélancoliques rapidement. « Merci, et adieu », pensa-t-il en quittant la chambre 333.


Les étoiles voyageuses

Bien le bonjour à vous ! Mes excuses pour le temps de silence, j’ai été prise par mon emploi d’été, plus des invités et en plus par mon poignet qui fut sous entorse quelques jours ! Je remets en marche le blog, avec un petit texte que je compte développer dès que j’aurais le temps ! Bonne lecture !


Les étoiles voyageuses

Il y avait des étoiles toutes petites que l’on nommait plus communément les étoiles filantes. En réalité, elles portaient comme titre « les étoiles voyageuses ». Elles adoraient être scintillantes sous l’effet de la vitesse, et surtout découvrir tout l’espace qui s’offrait à elles. Ces étoiles ne regrettaient pas d’avoir quitté leur centre gravitationnel, libéré de leur attraction.
Un jour, elles croisèrent sur leur chemin une grande planète bleue. Deux étoiles du groupe, curieuses par l’éclat de cette sphère, se détachèrent pour aller vers elle. Au contact de l’atmosphère, elles gagnèrent en accélération au point que leur corps prenne flamme. Insensibles à cette chaleur, elles continuèrent de descendre, encore et toujours, jusqu’à atterrir pied au sol, sous une forme humaine luisante. Elles avaient les cernes marqués, montrant leur fatigue.
Les deux étoiles, prénommées Stern et Stella, regardèrent autour d’elles, et découvrirent un observatoire se dressant sur une colline. Une personne en sortait pour venir à leur rencontre. C’était un homme à la blouse blanche, brun et barbu, qui semblait ébahi par l’atterrissage des deux entités. Une fois à leur niveau, il admira leur aura douce, leur peau lisse, leur regard intense… Et Stern ainsi que Stella lui demandèrent son hospitalité. Interloqué, il accepta malgré tout. Il apprit beaucoup d’elles : le voyage grisant les fatiguait malgré tout, à force de foncer des années et des années durant. Elles ne regrettaient rien, mais parfois, elles aimeraient un peu de repos pendant leur voyage éternel.

Ainsi, après une nuit de sommeil, elles purent reprendre leur chemin vers les cieux.
L’homme à la blouse blanche, nommé Heiiro, cogitait dans sa tête une idée pour aider ces étoiles voyageuses. Et il eut une idée : un bus volant. Avec l’aide de personnes aussi enthousiastes que lui, il travailla des années et des années pour faire le prototype. Ce n’était pas simple : il fallait que ce soit aussi puissant qu’une fusée et aussi confortable qu’un avion. Mais ils continuèrent, avec des essais, de nombreux ratés et surtout beaucoup de ténacité.

Et après un demi-siècle de travail, ils réussirent. Hélas, Heiiro était malade et transporté en fauteuil roulant, incapable de savourer leur victoire. Et pourtant, Stern et Stella revinrent le voir, admiratives devant l’exploit de l’être humain. Elles le remercièrent chaleureusement, et apportèrent des connaissances sur les matériaux des autres planètes, améliorèrent la première réussite. C’est ainsi que les étoiles voyageuses, maintenant, peuvent traverser l’espace à bord du bus spatial.

Promenade en montagne

Bonjour les gens ! Nous voici avec un petit texte en rapport avec les vacances : le paysage en mouvement, ou bien la randonnée en montagne ! Je vous souhaite une agréable lecture !


Promenade en montagne

Sylvie arriva au début du chemin de randonnée d’une montagne. C’était l’été, une saison idéale pour marcher sans soucis météorologiques. Elle ressentait déjà du plaisir à marcher vers une entrée de forêt. Le parcours commençait à être ardu, dans ce lieu sylvestre. En effet, les creux dans la terre et les grosses racines tordues pouvaient faire trébucher plus d’un randonneur et le faire dévaler de quelques mètres. Mais Sylvie ne se hâtait pas, car elle prenait son temps à goûter au paysage autour d’elle. Une douceur odeur de résine montait à son nez au fur et à mesure, ce magnifique liquide qui se métamorphosait en perles d’ambre, précieuses aux bijoutiers. Quelques branches aux divers feuillages et épines se tendaient vers elle, quelques fois, comme si elles l’aidaient et l’encourageaient à continuer.

À la sortie de la masse d’arbres, une plaine fleurie s’offrait à Sylvie. Une variété de fleurs de montagnes et des herbes hautes caressaient ses mollets. Le ciel était sans nuages et d’un bleu azur reposant aux yeux, et un parfum sucré se diffusait par une douce brise. Le paysage bucolique mélangeait la verdure des trèfles et des herbes aux couleurs diverses des fleurs.

Non loin du chemin en pente se trouvaient des rochers près d’un ruisseau. Sylvie décida de se reposer en s’installant sur l’un d’eux, chauffé par le soleil du midi, et se régénéra en mangeant son panier repas dans un silence relaxant. Seul le ruisseau, limpide, donnait des mélodies douces par ses clapotis éternels.

Une fois le repas fini, il fallut quitter ce confort pour continuer le plaisir de la promenade. Sylvie n’était pas angoissée, car la vue du paysage haut en couleur était un vrai bonheur pour elle, qu’importait l’heure.

Enfin, beaucoup plus tard, elle arriva sur un sol plat, toujours verdoyant, et contempla le lac. C’était une sorte de miroir géant, reflétant les autres pics de montagnes et la lumière du soleil en déclin. Ce magnifique panorama indiquait qu’il fallait rentrer de randonnée. Sylvie quitta donc le lieu pour retourner chez elle à contre-cœur.

Ce qu’il faut retenir de cette promenade estivale, c’est qu’une montagne n’est pas un simple roc pointu comme une pyramide. C’est une diversité de lieux que l’on ne voit que dans un endroit particulier. C’est l’enchevêtrement de la nature qui souhaite que ces endroits soient ensemble éternellement grâce à la montagne.

Le pisseur du bus

Re-coucou ! Me voici avec un texte de ma composition avec le thème et les contraintes imposées par mon atelier d’écriture. Bonne lecture !


Le pisseur du bus

Déjà que je n’aimais pas les bus, depuis quelques temps un individu repoussant y montait chaque jour où je rentrai du collège. Repoussant dans le sens où il puait la pisse dans tout le compartiment. C’était juste insoutenable, j’essayais de me tenir le plus loin possible de lui quand je le voyais entrer.

Mais un jour où le bus était chargé, j’étais assise à une place individuelle. Et là, je le vis venir vers moi, avec son air morbide et sentant l’urine fraîche nauséabonde qui s’intensifiait de plus en plus. Les gens reculaient à son approche, la main au nez. Puis il se mit en face de moi, je ne pouvais que le regarder. Il avait les habits abîmés, le jean troué, la barbe dégradée… Quelle horreur ! Puis il se mit à me parler. Il avait la voix un peu enraillée ma douce, comme prise d’une émotion.

Il me racontait que sa petite-fille devait avoir six ans, et qu’il regrettait de ne plus pouvoir la voir. La nouvelle femme de son fils refusait qu’il la voit, le traitant de vieillard incapable. Depuis, il errait et se façonnait cette image de vieil homme sénile à la rue. Après cette dernière révélation, il pleura, je le vis à ses deux longues larmes qui roulaient sur ses joues.

Je ne pus contenir ma colère envers cette femme odieuse. Je le pris par la main en sortant par la porte du bus qui venait de s’ouvrir. Après qu’il m’ait guidé à la maison de son fils, je sonnais à la porte.

Une femme ouvrit cette dernière. Elle avait une longue robe noire et moulante très sobre, le rouge à ses lèvres était juste impeccable, avec son nez retroussé et ses deux yeux d’amandes. Ses cheveux blonds coupés au carré étaient beaux et soyeux. Mais je sentais qu’elle cachait une certaine fierté avec ses talons bleu Prusse et son visage anguleux légèrement relevé.

Avant qu’elle n’ait pu faire quoi que ce soit, j’entrai de force avec l’homme et fit face à la dame. Je lui hurlai que, malgré sa tenue soignée, elle était aussi immonde à l’intérieur que ne l’était son beau-père.

Et je vis la petite-fille, cachée derrière la robe de sa mère. Le portrait de sa mère, avec une bouille adorable, des yeux vifs, et une robe à dentelle blanche. Le vieil homme avait les yeux brillants, l’appelant par son nom en s’accroupissant pour la prendre à ses bras. La fillette avança timidement vers lui, avec des petits noms comme « papi » à sa bouche. Ils s’enlacèrent, heureux de se retrouver.

« Je t’aime.

-Moi aussi

-Je veux dire que je t’aime vraiment.

-Aïe !

-Oh, pardon ma puce, je ne voulais pas te serrer si fort dans les bras… Mais cela fait si longtemps que je ne t’ai pas vu ! Tu as tellement grandi ! »

Il pleurait des larmes de joie. Sa belle-fille semblait se rendre compte de son erreur pour avoir rejeté le père de son mari, et s’excusa avec une sincérité émouvante.

Maintenant, chaque mercredi après-midi où je rentre en bus, je vois un vieil homme propre tenant la main de sa petite-fille.

Incendie

Coucou ! Une rapide explication avant de vous laisser découvrir : il s’agit de poster un texte de ma marmite toutes les semaines, afin de vous laisser découvrir ma plume. Ils sont aussi divers dans leur sujet que dans leur manière d’être abordé. Voilà, je vous souhaite une bonne lecture !


 

Incendie

Je les hais, ces lumières qui sortent par les fenêtres. Elles se pavanent à travers leur éclat artificiel, se moquant de mon état de braise. Ma haine augmente au fur et à mesure que j’entends leur rire monotone et répétitif. Et la densité de mes flammèches aussi. Au bout d’un moment, je n’en peux plus, je veux m’épanouir pour leur montrer ma vraie valeur, celle d’un feu éblouissant et fort. Je vais les calciner sadiquement pour leur montrer leur faiblesse : la dépendance à l’électricité !

Je monte petit à petit, dévorant les éléments de l’immeuble. J’atteins leur réceptacle de verre, il se brise sous mon haleine et les étincelles grillent au contact de ma langue. Ah, que c’est bon de pouvoir les démolir à petit feu ! Elles hurlent, me supplient d’arrêter, mais je ne le fais pas. Pourquoi s’arrêter à juste les anéantir ? Autant grimper pour continuer le massacre de chaque molécule de leur habitat !

J’escalade, de plus en plus vite, allant à l’apogée de ma victoire. Et enfin, je contemple mon œuvre : des immeubles enflammés, le ciel de nuit rougit par ma lumière chaude et naturelle. Enfin ! Je domine toutes ces saletés qui se cachaient, elles sont toutes en moi en train d’agoniser ! Cela me soulage, me réchauffe le cœur de ma braise. Moi qui était si minuscule au bout de la cendre de la cigarette, maintenant je suis la reine de la ville. Et j’irais même à devenir l’impératrice du monde entier, pour éliminer ces fausses lumières !

Puis j’entends des cris. J’observe en mon corps incandescent. Une famille se tient là, dans un coin, prisonnière de mes flammes. La petite fille et son grand-frère sont blottis l’un contre l’autre, terrifiés. Leur père les enlacent tous deux dans ses bras protecteurs, prêt à périr en premier pour laisser quelques minutes de souffles à ses enfants. La mère, elle, est morte, en train d’être réduite en cendres avec le bébé dans son ventre rond.

Et je veux pleurer. Ce que j’inflige à cette famille est horrible, tout comme toutes les personnes concernées par ma colère. Je culpabilise de mon coup de tête, de ma rage orgueilleuse. J’exige de soulager ma souffrance avec des larmes, mais je n’ai pas de véritables yeux. Alors je regarde en silence le désastre. Que quelqu’un m’arrête ! Je ne peux rien faire, je m’étends sans ralentir, rien n’est sous mon contrôle.

Soudain, une goutte d’eau. Rien que ce minuscule élément me calme. Une autre arrive, puis une autre. Finalement, un déluge tombe sur moi. Il pleut. Je commence à me soulager : le ciel pleure pour moi. Et surtout il m’éteint. Je meurs, mais ce n’est pas grave : d’autres vies pourront continuer à palpiter, et je préfère que je cesse de vivre plutôt que de raser la planète.

Je perd en hauteur en même temps que l’averse redouble d’effort. J’ai mal, très mal. J’ai l’impression qu’on me réduit, qu’on m’arrache des fragments de mon corps sans que je puisse les récupérer. Mais je m’en fiche : j’ai eu ce que je méritais pour mon crime. Pour ma tyrannie.

Je me retrouve devant mon cœur de départ : la cendre de la cigarette, balancée sur la pelouse devant l’immeuble, non loin des lumières alimentées par l’électricité. Les immeubles fument, je vois le père et ses deux enfants sortir accompagnés par des pompiers. Je souris une dernière fois avant que la poussière incandescente ne soit écrasée par une dizaine de gouttes. Une fraction de seconde avant la mort.