Le pisseur du bus

Re-coucou ! Me voici avec un texte de ma composition avec le thème et les contraintes imposées par mon atelier d’écriture. Bonne lecture !


Le pisseur du bus

Déjà que je n’aimais pas les bus, depuis quelques temps un individu repoussant y montait chaque jour où je rentrai du collège. Repoussant dans le sens où il puait la pisse dans tout le compartiment. C’était juste insoutenable, j’essayais de me tenir le plus loin possible de lui quand je le voyais entrer.

Mais un jour où le bus était chargé, j’étais assise à une place individuelle. Et là, je le vis venir vers moi, avec son air morbide et sentant l’urine fraîche nauséabonde qui s’intensifiait de plus en plus. Les gens reculaient à son approche, la main au nez. Puis il se mit en face de moi, je ne pouvais que le regarder. Il avait les habits abîmés, le jean troué, la barbe dégradée… Quelle horreur ! Puis il se mit à me parler. Il avait la voix un peu enraillée ma douce, comme prise d’une émotion.

Il me racontait que sa petite-fille devait avoir six ans, et qu’il regrettait de ne plus pouvoir la voir. La nouvelle femme de son fils refusait qu’il la voit, le traitant de vieillard incapable. Depuis, il errait et se façonnait cette image de vieil homme sénile à la rue. Après cette dernière révélation, il pleura, je le vis à ses deux longues larmes qui roulaient sur ses joues.

Je ne pus contenir ma colère envers cette femme odieuse. Je le pris par la main en sortant par la porte du bus qui venait de s’ouvrir. Après qu’il m’ait guidé à la maison de son fils, je sonnais à la porte.

Une femme ouvrit cette dernière. Elle avait une longue robe noire et moulante très sobre, le rouge à ses lèvres était juste impeccable, avec son nez retroussé et ses deux yeux d’amandes. Ses cheveux blonds coupés au carré étaient beaux et soyeux. Mais je sentais qu’elle cachait une certaine fierté avec ses talons bleu Prusse et son visage anguleux légèrement relevé.

Avant qu’elle n’ait pu faire quoi que ce soit, j’entrai de force avec l’homme et fit face à la dame. Je lui hurlai que, malgré sa tenue soignée, elle était aussi immonde à l’intérieur que ne l’était son beau-père.

Et je vis la petite-fille, cachée derrière la robe de sa mère. Le portrait de sa mère, avec une bouille adorable, des yeux vifs, et une robe à dentelle blanche. Le vieil homme avait les yeux brillants, l’appelant par son nom en s’accroupissant pour la prendre à ses bras. La fillette avança timidement vers lui, avec des petits noms comme « papi » à sa bouche. Ils s’enlacèrent, heureux de se retrouver.

« Je t’aime.

-Moi aussi

-Je veux dire que je t’aime vraiment.

-Aïe !

-Oh, pardon ma puce, je ne voulais pas te serrer si fort dans les bras… Mais cela fait si longtemps que je ne t’ai pas vu ! Tu as tellement grandi ! »

Il pleurait des larmes de joie. Sa belle-fille semblait se rendre compte de son erreur pour avoir rejeté le père de son mari, et s’excusa avec une sincérité émouvante.

Maintenant, chaque mercredi après-midi où je rentre en bus, je vois un vieil homme propre tenant la main de sa petite-fille.

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